|
"Le roman est un excellent outil d’investigation de l’esprit humain, de la condition humaine, il n’y en a pas de meilleur. La recherche universitaire peut étudier un million d’aspects particuliers. Mais seul le roman peut donner un sens global, en suivant une personne à travers le temps, à travers la nature changeante de ses relations, de ses choix moraux, les difficultés à faire durer le bonheur, la nature tragi-comique des relations amoureuses. Nous passons notre temps à essayer d’évaluer ce qui se passe dans la tête des autres. Et une des satisfactions qu’on a à lire un roman, c’est qu’on est parfois mis dans la position de «savoir», comme une sorte de dieu, ce qui se passe dans la tête des autres." Argumentation d’Oriane (crayon de papier noir HB) : le roman n’est pas ça. Cette conception du roman est idéologiquement marquée par la conception de l’auteur, de l’autorité, du Deus ex machina, elle est datée dix neuvième siècle, c’est l’aboutissement de la linéarité du livre. Pour moi le roman est tout au contraire le refus d’adopter une position dominante, de mettre les lecteurs dans le chaos et la confusion dont sont faites toutes existences, le roman est un labyrinthe multidimensionnel, un espace dans lequel l’esprit doit se perdre alors même qu’il croit avoir trouvé un fil d’Ariane car vil s’avère que ce fil est rompu et ne conduit que d’une impasse à une autre impasse.
|